Le radeau de la méduse

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Réalisé par Géricault, le Radeau de la Méduse est une toile monumentale, saisissante de réalisme. Ce tableau s'est imposé rapidement comme une oeuvre majeure de ce courant artistique que l'on nomme romantisme. Vous pouvez admirer cette toile au Musée du Louvre, que nous vous présentons ici en détails.

Le dramatique naufrage de la Méduse

Ce tableau est une représentation d’un fait divers datant de 1516. Une frégate, la Méduse, ainsi que deux autres navires sont affrétés pour coloniser le Sénégal. Avant la fin du périple, son capitaine décida de doubler sa vitesse afin d’arriver sur la côte avant les autres navires. Cela fit dévier La Méduse qui finit par s’échouer à 160 kilomètres des côtes sénégalaises. Seuls les nobles purent prendre place à bord des autres bateaux, en nombre insuffisant pour secourir l’ensemble des hommes, et les 150 marins furent livrés à eux-mêmes. Ils construisirent alors un immense radeau sur lequel ils embarquèrent. L’événement fut de grande ampleur à l’époque car, il n’y eu que 10 survivants du naufrage et que, l’incompétence du capitaine du navire fut pointée du doigt. En effet, il fut ensuite prouvé que cet officier, n’ayant pas navigué depuis 20 ans, était parfaitement incompétent pour mener à bien ce genre d’expédition.

La peinture est terriblement sombre et cruelle car, elle fait référence à un évènement tragique. Une fois le navire échoué, plus de 140 personnes embarquent à bord d’un radeau pour qu’à la fin des 13 jours de calvaire, seuls 10 survivent après avoir enduré la faim, le froid, la déshydratation, et même le cannibalisme. Seuls deux rescapés se confient aux journalistes. Géricault lit leurs témoignages et choisit de les rencontrer pour avoir plus amples détails à propos de cette catastrophe. Il se documente énormément suite à sa rencontre avec les deux hommes. Après avoir écouté les différents témoignages, Théodore Géricault choisi de représenter une scène particulièrement cruelle de faux espoir : au loin, un navire : L’Argus pouvant les secourir, s’éloigne tandis que les hommes à bord du radeau sont en train de dépérir. Ils sont tous représentés mouvants jusqu’à cet espoir avec en première ligne un homme noir qui défie toute la suprématie des blancs. C’est finalement ce même bateau qui finira par secourir les derniers survivants.

Le radeau de la Méduse : une scène d'une grande cruauté

Suite aux différents témoignages et livres lus sur le sujet, Théodore Géricault travaille sur une maquette puis des personnages de cire. Il fait poser des amis, réalise plusieurs esquisses et finalement se met à peindre cette scène d’espoir perdu. Il ira même jusqu’à étudier de vraies parties de cadavre humain, fourni par l’hôpital situé juste à côté de son atelier. Pour cet immense tableau, il étudie chaque détail. Le réalisme des visages des personnes et leur blancheur cadavérique sont frappants. Il peint ce tableau en 1819 et l’expose pour la première fois au Salon de Paris la même année. Les critiques sont divisées ; certaines le défendent corps et âme et d’autres le dénigrent totalement.

Indirectement, Le Radeau de la Méduse représente l’incompétence du pouvoir de l’époque. Il poussera même le roi Louis XVIII à juger le capitaine Hugues Duroy de Chaumareys, tenu pour responsable de ce naufrage mortel. Enfin, la représentation de l’homme noir, guidant le bateau vers l’espoir, peut être interprétée comme un message contre l’esclavage.

Vous pouvez retrouver ce chef-d’œuvre dans la salle 77 au premier étage de l’aile Denon.

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